La grande ville ne fait plus autant rêver autant qu’avant et on constate que l’exode urbain ne fait que commencer ! Envolée des prix immobiliers, épisodes caniculaires à répétition, hausse des conflits sociaux, pollution de l’air, lassitude, coûts de la vie, inégalités… Les raisons d’abandonner les métropoles pour les petites villes et la campagne s’accumulent depuis ces dernières années. Mais la pandémie, le confinement et la généralisation du télétravail marquent un véritable tournant. Alors pour les citadins «en exil», le bonheur est-il vraiment dans le pré ?

Cette situation sanitaire exceptionnelle aura eu le mérite de nous faire repenser nos basiques et de faire de nouveaux choix de vie pour améliorer notre quotidien mais surtout notre futur. Il est vrai que ce phénomène de « fuite » largement relayé par les médias français, touche principalement les Franciliens, qui ont été plus d’un million à partir se confiner au vert lors du premier confinement. 

Le Télétravail, un véritable coup de pouce à notre réflexion !

Le développement du télétravail, dopé par la crise sanitaire, a clairement aidé à amplifier le phénomène d ‘« exode urbain ».

Les ressorts traditionnels du phénomène migratoire, qui conduirait chaque année 100 000 citadins à rejoindre la campagne ou les zones périurbaines sont connus : l’aspiration à la nature, l’attrait de la maison individuelle et surtout un compromis prix du logement-coût du transport favorable à l’éloignement des centres.

Mais le terme connaît un regain de fortune depuis la crise sanitaire, qui aura appris à de nombreux urbains à goûter les charmes d’un coin de jardin ou à l’inverse connaître l’inconfort d’un deux-pièces transformé en bureau.

Il est vrai que la banalisation contrainte et soudaine du télétravail, rendue possible chez les employés du tertiaire, a agi comme un révélateur. C’est une possibilité offerte de réfléchir à améliorer sa qualité de vie et de changer d’environnement.

« Avant le confinement, seules 8 % des entreprises avaient développé le télétravail pour plus de 25% de leurs salariés. Dans un temps record, ces mêmes entreprises l’ont adopté pour près de 50% à temps plein », écrit l’Association nationale des DRH (ANDRH). 

Et la tendance n’est pas prête de s’inverser ! D’après certains sondages, d’ici et d’ailleurs, un pourcentage élevé de télétravailleurs souhaiterait continuer le télétravail après la crise et plusieurs employeurs, publics et privés, déclarent lui accorder désormais une place plus grande dans leur organisation. 

Le cadre de vie d’abord !

Plus de 8 cadres parisiens sur 10 souhaitent quitter la capitale, montre une étude de Cadremploi publiée en août 2020. « Pour la huitième année consécutive, on note une réelle insatisfaction des cadres à vivre et à travailler à Paris, commente Elodie Franco Da Cruz, responsable des études pour Cadremploi. La grande différence par rapport aux éditions précédentes, c’est qu’ils sont beaucoup plus nombreux à envisager des allers-retours à Paris. »

La période de confinement a donc à la fois renforcé l’envie de quitter Paris et ouvert le champ des possibles en matière d’organisation du travail, avec le développement du télétravail.

Les principales motivations à la mobilité régionale sont la recherche d’un meilleur cadre de vie (89 %), l’équilibre vie professionnelle-vie personnelle (67 %) et le climat (57 %). Les cadres parisiens sont 15 % à souhaiter déménager à la campagne et 13 % dans une petite ville, des chiffres qui montent à respectivement 36 % et 29 % pour l’ensemble des cadres français.

Cette tendance n’est pas nouvelle et semble avoir été accentuée par la crise du coronavirus. « Le Covid-19 est venu révéler une nouvelle facette des défauts de la concentration en ville », analyse Vincent Grimault, auteur de «La Renaissance des campagnes» (Seuil, 2020).

A chacun son exode urbain !

Bien avant la pandémie, beaucoup d’entre nous rêvaient déjà de quitter les grandes villes pour s’installer en périphérie, à la campagne ou voire même dans des contrées lointaines. Finalement, le confinement aura été un déclic pour certains ménages ! 

L’attrait pour les couronnes périurbaines et les régions voisines des grandes villes.

Le télétravail qui a pour premier mérite de pouvoir effectuer des tâches professionnelles à distance, devient un moteur de déconcentration de l’activité économique et de l’emploi. Il décloisonne les lieux de vie des personnes qui le pratiquent et génère une nouvelle géographie du travail. À trois ou quatre jours de télétravail à domicile par semaine, il est désormais possible pour des travailleurs de s’établir avec leurs familles dans une ville ou village en région, à 100 ou 150 km d’une grande ville. Allongez le temps consacré au télétravail et vous élargissez d’autant les bassins d’emploi. La concentration ne fait plus loi. Des territoires éloignés des centres pourront tirer avantage de cet éclatement des lieux de travail. Les municipalités devront toutefois satisfaire les besoins et les attentes des PME et des télétravailleurs et leurs familles en quête d’un lieu d’établissement.

À l’ombre des métropoles, des villes moyennes espèrent tirer leur épingle du jeu de l’aspiration à jouir d’un logement plus confortable et plus abordable à l’heure où les déplacements domicile-travail ne seraient plus imposés.

Direction le grand vert 

Quitter la ville pour la campagne, beaucoup en rêvent. Si plus de la moitié des Français aspirent ainsi à aller « vivre ailleurs », cette envie est bien plus marquée chez ceux qui vivent dans un cadre très urbain (72%, et même 78% pour les habitants de l’agglomération parisienne) que chez les habitants des communes isolées, selon une enquête menée par l’ObSoCo. Aujourd’hui, on entend de plus en plus “pour ne pas revivre un enfermement dans un appartement, il faut acheter une maison à la campagne” accompagné d’un argument imparable tel que “le prix de l’immobilier est plus avantageux à la campagne”. Au-delà de ces facteurs, les citadins choisissant de fuir les grandes villes le font par réelle volonté de changer le mode de vie et le confinement n’aura que conforté cette tendance plus durable de changement de vie.

Mais comment réussir son exode ?

Inspirez-vous des nombreux récits de néo-ruraux ayant profité du confinement puis du déconfinement pour changer de vie qui circulent dans les médias. Vous comprendrez que le télétravail a aidé à se rendre compte pour certains que vivre à la campagne c’est aujourd’hui possible. On constate en effet que les témoignages d’individus ayant quitté la ville pour se reconvertir professionnellement ou pour vivre de leurs passions se multiplient. 

Cela vous permettra de vous conforter dans votre choix et vous pourrez recueillir de nombreuses informations utiles à votre changement de vie.

Sachez également qu’après le premier confinement, de nombreuses collectivités ont lancé des initiatives pour attirer des populations dans leur territoire. De véritables opérations d’attractivité voient le jour telles que l’Opération “Essayer la Nièvre”, lancée par Nièvre Attractive (agence d’attractivité et de développement touristique du département de la Nièvre). Selon son directeur Stéphane Bénédit, 573 personnes ont montré leur intérêt. Une campagne très prometteuse !

Les communes ou agglomérations s’y mettent également. C’est le cas d’Alès, une commune de 40 802 habitants, qui a lancé une campagne dans le métro parisien et a attiré de nouveaux habitants dans son territoire. « Alès, la capitale qui ne manque pas d’air ». Un coup de publicité qui joue sur l’envie des Franciliens de quitter la capitale suite au premier confinement. 

Après le confinement, ces collectivités mettent en avant de nombreux atouts pour être attractives auprès des citadin-e-s qui veulent changer de vie : qualité de vie, nature, taille humaine et sérénité. Ces politiques menées par les villes et collectivités sont des stratégies de « marketing territorial » qui ciblent les mobilités résidentielles. L’enjeu n’est pas de s’arrêter au slogan, il faut construire une politique d’accompagnement pour correspondre aux besoins des postulants (emploi, services …). Un autre argument que certaines communes utilisent dans leur communication d’attractivité est celui de la proximité d’une métropole. 

Finalement, la tendance d’un exode urbain décrit dans les médias de néo-ruraux quittant la grande ville pour s’installer en pleine campagne ne se vérifie pas forcément. Le besoin de rester à proximité d’une métropole est encore présent dans l’esprit des citadin-e-s. Donc à vous de choisir entre plus d’espaces verts ou de plus grands espaces !