La façon dont on regarde la télévision a beaucoup évolué au cours de la décennie mais le confinement imposé en raison de la Covid-19 a véritablement transformé les habitudes numériques des habitants du monde entier. Les marchés de la télévision et du cinéma sont aujourd’hui pris d’assaut par l’émulation autour des pratiques culturelles à domicile. Comment ces plateformes VoD (Video on Demand) nous transportent-elles dans l’univers du 7ème art ?

SVOD et VOD : quelle est la différence ?

La VoD ou « video on demand »,  location ou vidéo à la demande,  permet de louer un contenu vidéo payant. L’utilisateur a accès à un film ou un épisode de série de façon illimitée pendant un temps prédéfini (1 à 2 jours à compter du paiement). Pour simplifier, il s’agit d’un vidéo club virtuel. Les contenus loués sont généralement proposés en streaming. C’est-à-dire qu’ils peuvent être regardés en même temps qu’ils se téléchargent. En France, la location à l’acte (VoD) est proposée par tous les fournisseurs d’accès à Internet via leur box. Apple TV, CANAL VOD, MyTF1VOD et Arte VOD et aujourd’hui Disney + et proposés par votre opérateur.

La SVoD ou « subscription video on demand »,  vidéo à la demande illimitée avec abonnement , est un pendant de la vidéo à la demande en plein essor comme en témoignent des grands noms généralistes du secteur comme Netflix, Amazon Prime Video, CANAL play ou des spécialistes comme Zone 300 (pépite française) qui est devenu le leader mondial des passionnés de la pêche et de la chasse. Moyennant un abonnement mensuel (sans engagement), l’utilisateur bénéficie d’un accès illimité à un catalogue de films et séries. Ce catalogue est renouvelé régulièrement, enrichissant de fait l’offre proposée. Certains services comme Canalplay ou Netflix permettent de télécharger les vidéos afin de pouvoir les regarder sans nécessiter un accès à Internet. Bien pratique pour les trajets, où les réseaux mobiles (3G/4G) sont souvent absents ! Certaines plateformes de SVoD sont de plus accessibles depuis d’autres appareils que la box. De l’ordinateur à la console de jeux en passant par les smartphones et les tablettes, regardez vos films partout et quand vous le souhaitez !

Une bataille de Titans engagée dans la course aux abonnés !

Netflix, Amazon Prime Vidéo et Disney +, en tête de la bataille des plateformes en France.

Le chiffre d’affaires de ce segment a flambé de 60,4% en 2019 et s’élevait à 813,3 millions d’euros. Selon le dernier baromètre de la vidéo à la demande du CNC (en collaboration avec Vertigo, Aqoa, NPA Conseil et Harris Interactive), le marché de la VOD a grimpé de 45,6% pour atteindre un chiffre d’affaires de 703,6 millions d’euros lors des six premiers mois de 2020.

Et c’est évidemment Netflix qui en profite le plus avec 6,7 millions d’abonnés à fin 2019. Celui-ci continue de dominer le marché français malgré un léger infléchissement en octobre 2020 suivi par Amazon et Disney +. On trouve ensuite un trio tricolore composé d’Orange avec son offre de VOD locative, Canal VOD et Canal Séries (abonnement), et enfin Arte VOD.

Deux nouveaux arrivants prêts à se confronter aux leaders ! 

Salto, le Netflix à la française est une plateforme de streaming créée conjointement par TF1, M6 et France TV. Vous pouvez retrouver toutes les séries et programmes TV français en avant première en plus d’un catalogue de films internationaux et ce pour 6€99 par mois et sans engagement. 

Pluto TV, une nouvelle plateforme de streaming 100% gratuite avec pour particularité de proposer 40 chaînes de programmes uniquement financées par la publicité. Elle compte actuellement plus de 36 millions d’utilisateurs dans 24 pays. Disponible sur tous les écrans et télévisions connectées (mais pas encore sur les box des opérateurs) grâce à un site web et à une application, Pluto TV ne nécessite aucune inscription.

Focus sur la consommation des français…

Les français seraient les moins accros du monde au service de vidéos à la demande ! D’après une étude réalisée par le CNC (Centre national du cinéma & de l’image animée), les Français ne sont pas très addicts aux services de télévision payants. En effet, le taux de pénétration de la télévision payante est de 34% en France quand il atteint 42% au Royaume-Uni par exemple. Les Français ne sont pas les plus fans également de SVOD puisque la France se classe bonne dernière avec 62 % de taux de pénétration derrière l’Allemagne (64%), l’Espagne (76%) et les Etats-Unis (83%).
Même si la France est en retrait par rapport à ses voisins, la SVOD provoque une redistribution des cartes sur le marché de la consommation de la vidéo. 

Côté contenus achetés ou loués, ce sont évidemment les films qui tiennent le haut du pavé avec 87% des revenus des plateformes VOD, ces dernières étant les premières à pouvoir diffuser un film après leur sortie en salle. En streaming, les séries concentrent l’essentiel de la consommation (70%) devant les films (20%) et la jeunesse (3,6%).

Il faut savoir que les Français ont passé en moyenne 4h40 par jour devant le petit écran en avril 2020 selon Médiamétrie et que la durée moyenne de visionnage par jour dépasse 2h00 chez les SVODistes avec un pic pour les 25-34 ans à 2h22 !

Mais au final, 46 % des Français sont désormais abonnés à une plateforme payante de VOD, soit 10 points de plus qu’en 2019 acquis sur le seul premier trimestre 2020. 

300 millions d’investissement dans la création pour les plateformes !

Un décret du SMA (Services de Médias Audiovisuels) devrait bientôt permettre aux plateformes de contribuer au financement de la création. Le CNC estime que les services de SVOD, principalement américains, ont investi 52 millions d’euros dans la création française en 2019, 86 millions d’euros en 2020 et ces investissements pourraient dépasser les 230 millions d’euros en 2021. 

Le CNC estime que la contribution de Netflix pour 2020 sera de 71 millions d’euros, soit environ 8% de son chiffre d’affaires en France. En 2021, ce montant est estimé à 164 millions d’euros pour Netflix, 37 millions pour Amazon Prime Video et 30 millions pour Disney +, des chiffres confirmés par la ministre de la Culture Roselyne Bachelot en fin de semaine dernière. L’investissement des plateformes pourrait atteindre 300 millions d’euros en 2024.