À l’heure actuelle, il existe une multitude de labels en France nous permettant de mieux choisir nos produits et de nous garantir leur traçabilité et leur spécificité. Label Rouge, AOC, AB, Made in France… ça vous parle ? Mais, il n’est pas toujours évident pour les consommateurs de s’y retrouver parmi toutes les étiquettes labellisées de manière officielle ou non, toutes les appellations existantes et les inventions purement marketing des marques. Dans ce contexte, quels sont les labels que les Français connaissent le mieux ? Et leur présence sur un emballage incite-t-elle toujours plus à acheter ?

Quels sont les labels qui nous rassurent ?

Sachez qu’en France, le terme label n’est réservé qu’aux labels officiels notamment dans le secteur alimentaire. Il y a ceux qui sont garants de l’origine, d’autres de la qualité, de la tradition, des labels du commerce équitable, des labels du développement durable, des appellations privées, des logos et des autres mentions… Et, au milieu, les consommateurs. 

Ces labels, désignations, classements, appellations contrôlées, distinctions officielles sont en fait des normes développées en France par les différents ministères concernés pour promouvoir un niveau de qualité des produits, des services et des sites mais également pour vanter les caractéristiques techniques, artistiques, environnementales, de ces produits.

Il existe 6 labels officiels reconnus en France :

  • Agriculture biologique (AB)
  • Appellation d’origine contrôlée (AOC)
  • Appellation d’origine protégée (AOP)
  • Indication géographique protégée (IGP)
  • Label Rouge
  • Spécialité traditionnelle garantie (STG)

Il est certain que tous ces labels constituent un véritable avantage commercial pour les entreprises qui savent les mériter.

Mais pourquoi tant de défiance envers les labels ?

Il existe en France une profusion de “pseudo” labels, mentions, appellations, prix, diplômes, distinctions et agréments non reconnus officiellement et qui peuplent le paysage commercial et publicitaire. Ils sont décernés par des organismes divers tels que des associations, des fédérations professionnelles ou sportives, des organismes privés et ce suivant des modalités pouvant varier. Ces labels sont parfois auto-décernés uniquement dans un but de promotion.

On peut citer le cas de l’appellation « Saveur de l’année » qui a été condamnée en 2003 par le tribunal de grande instance de Versailles pour avoir utilisé le mot « label » dans un slogan publicitaire. Cette affaire montre que l’usage de ce mot est strictement limité aux sigles officiels dans le domaine agroalimentaire.

Il est certain que ces distinctions non officielles ont pour conséquence de “tromper” le public ! Les consommateurs étant devenus plus exigeants quant aux produits qu’ils achètent, ils sont aujourd’hui plus alertes et mieux informés, les labels les rassurent mais est-ce suffisant ?

Les labels font-ils toujours autant recette auprès des consommateurs ?

D’après une étude menée par Kantar Worldpanel sur les marques qui arborent sur leurs produits lesdits logos labellisés et plus précisément sur la notoriété de ces logos, il s’avère que les logos Label Rouge et AB (Agriculture biologique) sont de loin les plus connus (96 % et 95 %). Rappelons que ce sont aussi les plus anciens (1960 pour le premier et 1985 pour le second) et ceux qui touchent potentiellement la majorité de la population. Pour 63 % des sondés, le logo AB est synonyme de respect de l’environnement et pour 62 % que le Label Rouge désigne un produit de qualité supérieure. Cependant, on remarque que ces deux labels ne sont pour autant pas ceux qui ressortent comme donnant le plus envie d’acheter !

Prenons le cas du logo AB et autres appellations Bio, sachez que 62 % des Français jugent ce label incitatif à l’achat contre 22 % qui pensent que ce n’est juste qu’une mention publicitaire.

Ces derniers temps, les labels bio subissent en effet de nombreuses critiques concernant la provenance des produits. On a pu constater que certains produits labellisés Agriculture Biologique ne pouvaient pas garantir la provenance des produits ou bien que d’autres produits labellisés AB, Bio Europe, Bio cohérence ou Cosmebio pouvaient même être fabriqués en dehors de l’Union Européenne.

Notre avis…

Honneur au local !
Dans ce cadre, selon les experts, le local pourrait prendre le pas sur le bio ou, du moins, s’y superposer. Tout confirme cette tendance. En tête de la liste des logos qui permettent de faire la différence en rayon, d’après l’étude de Kantar précédemment citée, on retrouve en effet, des logos labellisés tels que Origine France garantie, Viandes de France et Fabriqué en France. « Leurs bénéfices sont faciles à comprendre et, surtout, ils répondent aux attentes actuelles des Français, et ce pour un effort financier moindre que pour le bio par exemple », explique Gaëlle Le Floch, strategic insight director de Kantar Worldpanel.

Le discours « sans » commence à payer !
Toutes les allégations « sans huile de palme », « sans parabène », « sans arômes artificiels » ou « non testé sur les animaux » ont fait leur apparition dans le discours des marques. Il faut savoir que 52% des Français se disent tout à fait d’accord sur le fait d’avoir envie d’acheter les produits qui portent une mention “sans”. Aujourd’hui, c’est le plus fort score de l’étude et la meilleure note de confiance (8/10). D’après Gaëlle Le Floch, « Le “non testé sur les animaux” s’adresse à une frange de la population restreinte mais fortement sensible à cette dimension et très réactive en magasin », souligne Gaëlle Le Floch. Cela vaut pour d’autres attentes spécifiques autour du sans-nitrite ou du sans-antibiotique, par exemple, qui ne sont en rien des labels.

Dans une société de consommation en pleine révolution et en pleine crise sanitaire, les Français cherchent à se forger un nouveau système de valeur. Qualité et santé ressortent comme leurs premières préoccupations, bien avant le prix. Dans ce cadre, les labels apparaissent comme un gage mais ils ne sont pas les seuls !